Screenshot Youtube réalisé par Le Guardian

Un pasteur à l'origine des théories complotistes 5G/coronavirus

Cerise sur le bouton play : c'est un ancien salarié de l'opérateur téléphonique Vodafone.

Au beau milieu de la propagation du coronavirus, des fake news complotistes au possible ont fait le tour du web mondial.

Version soft : la pandémie aurait été causée par les ondes déployées par les antennes 5G. Version aggravée : le coronavirus aurait été créé par les gouvernements pour faire acte de diversion et déployer en scred les antennes 5G controversées (controversées car soi-disant dangereuses pour la santé, grande inconnue).

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Ces rumeurs folles se sont ensuite extirpées du virtuel pour frapper le réel, puisque des antennes ont, par la suite, été saccagées à divers points de notre globe.

Le Guardian, en coopération avec une agence de fact-checking, a retrouvé la personne qui serait à l’origine de l’une des vidéos virales ayant le plus circulé et touché des millions de personnes – sur Youtube (mais supprimée depuis) et sur des groupes WhatsApp. Il s’agit de Jonathon James, un pasteur évangéliste habitant Luton (Royaume-Uni).

Cet ancien salarié de l’opérateur britannique Vodafone avait pondu une vidéo de 38 minutes, mélangeant la version soft et la version aggravée de la rumeur, avec une fin de scénario qui nous plonge dans des abîmes de perplexité : Bill Gates serait en train de créer un vaccin anti-coronavirus embarquant une puce informatique pour tous nous tracer – et nous détruire.

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L’argument d’autorité "je suis un ancien de Vodafone" avait évidemment donné beaucoup de crédit à ses paroles. Interrogés par le Guardian, des salariés indiquent, sous couvert d’anonymat, que Jonathon James n’y était resté qu’un an, en 2014, en tant que commercial. À l’époque, la 5G n’était pas du tout à l’ordre du jour. Voilà pour l’argument d’autorité.

Contacté par les journalistes britanniques, le pasteur s’est dit "complètement choqué" du destin fracassant de sa vidéo qui était, à l’origine, destinée à son petit public. S’il avait su, il se serait montré "plus spécifique" et aurait "recontextualisé ses pensées".

Moralité : une petite étincelle suffit à déluge de théories complotistes.

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Par Pierre Schneidermann, publié le 30/04/2020