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Un responsable catholique trahi par ses données anonymisées sur Grindr démissionne

Publié le

par Pierre Schneidermann

Un média américain s’est procuré des données "disponibles commercialement" sur Jeffrey Burrill.

Un responsable de l’Église catholique aux États-Unis a démissionné mardi après des révélations dans la presse selon lesquelles il aurait supposément utilisé l'application de rencontres homosexuelles Grindr.

"La conférence des évêques catholiques des États-Unis a appris l’existence d’informations de presse en attente de publication, présumant un possible comportement indécent de son secrétaire général, Monseigneur Jeffrey Burrill" a écrit l’organisation dans un communiqué.

"Afin d’éviter que cela détourne l’attention des opérations et du travail de la conférence, Mgr Burrill a démissionné avec effet immédiat", a ajouté l’organisation, ajoutant qu’elle prenait "au sérieux toutes les allégations de conduite inappropriée".

L’Église catholique américaine, qui a été au cœur de plusieurs énormes scandales de pédophilie ces dernières années, a souligné que ces allégations "ne concernaient pas de conduite indécente envers des mineurs".

Le même jour, le site d’informations catholique The Pillar révélait que Jeffrey Burrill, membre du diocèse du Wisconsin (État du nord), avait régulièrement utilisé entre 2018 et 2020 l’application de rencontres gays Grindr et que son téléphone portable avait été géolocalisé près d’établissements fréquentés par des homosexuels.

Comment ces données ont-elles été récoltées ? L’article de The Pillar n’entre pas dans les détails, mais parle de données "disponibles commercialement", autrement dit que tout un chacun peut acheter, principalement pour du ciblage publicitaire. Cette data a ensuite été recoupée avec la géolocalisation du téléphone de Jeffrey Burrill.

Nommé en 2016 secrétaire général adjoint de la conférence des évêques catholiques des États-Unis, puis secrétaire général deux ans plus tard, Jeffrey Burrill était notamment chargé de coordonner la réponse de l’Église face aux accusations d’abus sexuels visant le cardinal américain Theodore McCarrick, révélées en juin 2018. L’influent cardinal retraité avait finalement été défroqué en 2019.

Le rédacteur en chef de The Pillar, JD Flynn, a défendu mercredi la publication de l’article, même si Jeffrey Burrill n’a semble-t-il pas enfreint la législation américaine. Dévoiler ces informations privées concernant Monseigneur Burrill relevait "de l’intérêt général", a-t-il soutenu.

"Des dirigeants de l’Église ont reconnu ces dernières années que les incohérences entre le comportement des dirigeants ecclésiastiques et l’attente concernant le célibat peut contribuer à une culture du secret et de la dissimulation, malsaine et nuisible", a-t-il justifié dans un communiqué.

Konbini techno avec AFP


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