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Vous voulez créer vous-mêmes un hashtag pour votre mariage ? Mauvaise idée

Publié le

par Julie Morvan

Un conseil : faites appel à des professionnels.

Vous voulez créer vous-mêmes un hashtag pour votre mariage ? Mauvaise idée

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Peter Dazeley/GettyImages

Alerte au pays des pièces montées, robes en mousseline et autres serments d’amour éternel : les hashtags de mariage originaux, victimes de leur succès, se font de plus en plus rares. Depuis maintenant une dizaine d’années, les futur·e·s marié·e·s les travaillent avec soin pour communiquer sur les réseaux sociaux et leur site web. L’objectif : être drôle, inventif et mémorable. Histoire de donner le ton de la cérémonie à venir et permettre aux invité·e·s de référencer leurs photos sous un même mot-clé : #YodaOne4me, #TwoBeCummingsOne, #WeVellaInLove

Mais aujourd’hui, difficile de trouver LE hashtag auquel aucun autre couple n’a encore pensé. D’autant plus que cette pratique est largement répandue aux États-Unis. 53 % des jeunes Américain·e·s utiliseraient des hashtags de mariage en 2020, selon une étude de Wedding Wire, une plateforme de mise en relation de fiancé·e·s avec des prestataires.

Un peu de solidarité dans ce monde de brus

Aujourd’hui à sec d’idées de hashtags et autres jeux de mots, les futur·e·s marié·e·s ont donc commencé à se tourner vers les groupes Facebook de mariage. Selon The Wall Street Journal, ces communautés en ligne constituent de véritables espaces de brainstorming où l’on s’échange des idées de hashtags originaux. En échange du maximum d’information sur le jeune couple – date et lieu du mariage, métier, signes astrologiques etc. –, ces dénommés hashtag helpers s’attèlent à dénicher le mot-clé parfait dans les commentaires.

Ce, en échange de la gratitude éternelle des fiancé·e·s, mais aussi d’une rémunération. Sur des groupes spécialement dédiés à la recherche du hashtag marital idéal, tels que "Wedding Hashtag Connection" ou "Wedding Hashtag Experts", les futures épouses n’hésitent pas à proposer une petite dizaine de dollars à celle ou celui qui aura l’idée du siècle. Résultat : les publications récoltent plusieurs centaines de commentaires à chaque fois.

© Facebook

Le #nouveau #business du #weddinghashtag

Si des générateurs en ligne gratuits de hashtags ont fleuri sur la toile, l’ampleur du phénomène a aussi inspiré des entrepreneur·euse·s tel·le·s que Marielle Wakim. Fondatrice du service en ligne Happily Ever #Hashtagged, elle propose aux jeunes couples des hashtags faits sur mesure… pour une somme allant de 50 à 125 dollars. Selon elle, il y a un véritable avantage à passer par elle plutôt que de simples générateurs en ligne : "Les gens veulent des hashtags amusants et personnalisés, si l’on met juste son nom dans un générateur de hashtags, on obtient 'BobAndSarah2022'… C’est différent quand on a un vrai être humain derrière !", nous explique-t-elle depuis la Californie.

Du "Simple Hashtag de Mariage" à 50 $ aux "Hashtags de Mariage et de Bachelor·ette" à 125 $ © www.happilyeverhashtagged.com

"J’ai trouvé des hashtags personnalisés pour tous mes amis qui me l’ont demandé, et la plupart ont enchanté les couples et leurs invité·e·s., écrit-elle sur son site. "Après avoir constaté qu’il n’existait encore aucun générateur de hashtags avec des jeux de mots, j’ai senti qu’il était temps d’apporter mes services au plus grand nombre". D’autant plus que Marielle est une experte : elle nous a révélé avoir été auparavant journaliste pour le Los Angeles Magazine, et être ainsi habituée à saupoudrer de jeux de mots ses titres d’articles.

Lorsqu’elle a lancé son projet à Los Angeles en 2016, l’exercice se limitait à trouver la bonne combinaison entre les noms de famille des deux époux·ses – parfois agrémentée de la date du mariage pour les plus fantaisistes. Mais aujourd’hui, avec une telle concurrence, il faut redoubler d’imagination, confie-t-elle à The Wall Street Journal. Certain·e·s client·e·s exigent par exemple des clins d’œil à l’univers de Disney, ou des paroles de chanson. "Ils ne paient pas vraiment pour le hashtag, explique-t-elle. Ils paient pour mon cerveau."

De nouvelles exigences

D’autres, comme Jalissa Carter, se sont trouvé une vocation sur ces fameux groupes Facebook. C’est en soumettant gracieusement ses idées aux futurs couples dans les commentaires qu’elle s’est aperçue de son talent caché. Elle s’est donc mise à ne proposer qu’un seul hashtag, indiquant que si la ou le marié·e voulait plus de suggestions, il y avait un prix, négociable, à payer.

Sa spécialité : les rimes et les jeux de mots. Un défi de taille, en particulier lorsque les noms de famille sont particulièrement longs ou complexes à prononcer – et donc à faire rimer. D’autant plus que certaines épouses souhaitent désormais conserver leur propre nom de famille en se mariant, avait appris Caryn Sandoval au Wall Street Journal. Dans le hashtag doit donc figurer les deux noms de famille, ou a minima le nom de famille de l’un·e, et le prénom de l’autre.

En témoigne la liste de hashtags présentés sur le site du service pour lequel elle travaille, "Wedding Hashers" : #ShellBeAnAlfano fait ainsi à la fois allusion au nom de famille du futur marié, Ralph Alfano, mais aussi au prénom de son épouse, Michelle. "Ce n’est pas juste un bête hashtag de mariage. C’est plutôt, comment peut-on faire la synthèse de ce couple ?", précise Sandoval.

Une synthèse qui ne satisfait pas toujours les client·e·s ; lorsque ces hashtags ne leur conviennent pas, il est possible pour eux de demander une réécriture, voire un remboursement. "Je ne sais absolument pas pourquoi ils ont fait ça", confiait par exemple Stacy Ashton à propos d’un des hashtags qu’on lui avait proposé : #AllAboutThatStace, en référence à la chanson All About That Bass de Meghan Trainor remontant à… 2014. Un mariage d’idées qui ne l’a pas convaincue.


Vous avez créé votre propre hashtag pour votre mariage ? Racontez-nous à : hellokonbinitechno@konbini.com.

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