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YouTube tente une blague sur Twitter... qui ne passe pas du tout

Publié le

par Pierre Bazin

La plateforme s'est attiré les foudres de ses créateurs, de plus en plus remontés face aux algorithmes.

Marque ou pas marque, il n’est pas aisé de bien doser l’humour sur les réseaux sociaux. C’est d’autant plus difficile quand on est en charge de l’image de la plus grande plateforme de créneaux de pubs invasives. Sur Twitter, YouTube a en effet tenté de faire rire son audience avec une petite boutade. Le tweet, désormais supprimé, a rapidement attiré les foudres des internautes.

<em>Capture d’écran du tweet désormais supprimé.</em>

"Personne :

Absolument personne :

Créateurs après avoir blablaté pendant 15 minutes : OK alors attaquons-nous directement au sujet de cette vidéo !"

Reprenant les codes habituels du meme moderne, le CM de YouTube a tenté une petite vanne à la frontière entre l’autodérision et la moquerie facile. En effet, le tweet pointe la fâcheuse habitude pour nombre de vidéastes de faire des introductions à rallonge avant de plonger dans le vif du sujet de leurs vidéos.

Retour de flammes et critiques

La petite pique n’est pas vraiment passée auprès des créateurs de contenu sur la plateforme de Google. Ces derniers renvoient la faute à YouTube, qu’ils accusent d’être à l’origine de cette "manie" des longues intros. C’est le sacro-saint algorithme de mise en valeur de contenus qui est mis en cause. En effet, certains expliquent que les longues intros seraient une "astuce" pour donner un temps de visionnage ("watchtime") correct aux vidéos des youtubeurs.

Il faut également considérer qu’une vidéo longue aura plus de créneaux pour des pubs. Pour les créateurs, c’est donc une stratégie volontaire de YouTube de mettre en valeur de plus longues vidéos – aux alentours d’une dizaine de minutes, si on en croit les habitudes prises par les youtubeurs pros.

Le débat est évidemment plus complexe car, fort heureusement, le contenu populaire n’est pas (encore ?) aussi harmonisé au point que chaque introduction se ressemble. De l’autre côté, certains pointent aussi une certaine obsession que les créateurs s’imposeraient à eux-mêmes.

Il y a en effet ce risque d’attribuer de facto trop de pouvoir à "l’algo" et qu’en s’adaptant systématiquement à ce dernier, on arrive sur ce genre de prophétie auto-réalisatrice.

Dans tous les cas, de l’avis général de Twitter, ce post du CM de YouTube était plus que malvenu, au pire maladroit. La plateforme a ainsi supprimé le tweet et s’est excusée par la suite.

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