Comment j'ai (failli) devenir un narco assis devant mon PC

Overdoses, coups de Taser, coke et bicarbonate : voici le cocktail explosif du jeu Drug Dealer Simulator.

Attention : cet article et la rédaction de Konbini Techno n'encouragent en AUCUN CAS la consommation ou la vente de drogues. L'utilisation ou le commerce des substances citées plus bas sont illégales en France. Ce texte raconte simplement la découverte d'un jeu vidéo de manière humoristique, rien de plus. Rendez-vous à la fin de cet article pour plus d'informations à ce sujet.

Pendant que certains de mes collègues glandouillent allègrement sur Animal Crossing, organisant un business international de navets complètement éclaté au sol, moi, je fais le vrai boulot. Je vends de la weed, de l’ecstasy, de la coke et autres méthamphétamines en caleçon, depuis mon plumard, parfois même en mangeant des ramen, oui madame.

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Cette vie de rêve virtuelle m’a été offerte par Drug Dealer Simulator, un jeu de simulation de vente de drogues, comme son nom l’indique. Il est sorti sur Steam le 16 avril dernier, est développé par le studio polonais Byterunners game studio et édité par Movie Games.

Découverte coupée au paracétamol, pour le plaisir des narines.

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On commence Drug Dealer Simulator comme on commence une matinée, après avoir un peu trop forcé sur la verdure la veille : la tête dans le pâté. Le personnage, que l’on contrôle à la manière d’un FPS, vit dans un appart bien crasseux d’un ghetto bien crasseux. Ni le perso ni le bled ne possèdent de noms. Allez savoir pourquoi.

Bref, après m’être réveillé, je reçois immédiatement un coup de fil du pote Eddie. Eddie, c’est le bon gars, ai-je compris dès le départ. À peine après l’avoir rejoint, le mec m’a proposé de tirer une barre sur sa propre conso. Ça, c’est appréciable.

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Eddie, donc, est mon contact dans le "cartel". C’est lui qui fournit la came que je vais revendre aux habitants du bled. Il commence par me lâcher un pochon de manière gracieuse, avant de m’expliquer comment tout ce petit monde fonctionne. Grâce à une application "cryptée" sur mon PC, installé au chaud dans mon appart dégueulasse, les clients me passent commande. Pour trouver de nouveaux clients, je me promène dans la ville, en offrant des échantillons gratuits. Si j’ai écoulé toute la came, j’utilise ma machine pour en commander plus au gars Eddie. Simple, efficace.

Ce n’est pas tout. Dans mon appart pourri, je vais pouvoir utiliser une "station de travail" – une grosse table, ne vous enflammez pas – pour gérer ma drogue, c’est-à-dire que je vais pouvoir la stocker dans des bocaux nominatifs, puis la foutre dans des pochons de tailles différentes, voire la couper à des substances dégueulasses pour me faire plus de tunes sur le dos des junkies.

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Tout une tripotée d’ustensiles de dealer peut être achetée (à la station-service) pour gérer la dope. C’est donc entre le PC et la station de travail que va se dérouler l’essentiel de la partie gestion du gameplay. Le reste, c’est dans la street, ma gueule.

Plus je vends, plus je gagne de cash et de respect dans le hood et on dirait, justement, que tout le monde se came la gueule à des niveaux hallucinants dans ce quartier. Les vieux, les femmes d’affaires, les sans-abris, les hispaniques, les Noirs, les Blancs. Le monde entier veut m’acheter de la came trois fois par jour, c’est dingue.

Tout le monde, sauf les flics, forcément. Des patrouilles de police aux allures de la BAC se promènent constamment dans le quartier. Je me suis fait pécho un paquet de fois lors de mes premières heures de jeu. Résultat : un bon gros coup de Taser (oui, oui) et un passage au poste, où on m’a confisqué ma drogue ET mon cash. Le seum, le vrai.

Vous avez l’idée. Drug Dealer Simulator repose sur un principe de boucle. On vend, on gagne de nouveaux clients, on débloque de nouvelles drogues et de nouvelles aires géographiques, on gagne du respect, notre chiffre d’affaires grossi et on recommence.

Il se passe quand même un paquet de trucs déglingos qui viennent briser la monotonie, dans Drug Dealer Simulator. J’ai trop vendu de MDMA à un gars qui a fait une overdose (pardon, camarade). J’ai aussi recruté quelques dealers qui me rapportent masse de cash (eux, étonnamment, ne se font jamais pécho par les flics). J’ai utilisé l’argent que me verse la Caisse d’allocation familiale sur mon compte en banque (accessible sur mon PC) pour rembourser Eddie après m’être fait attraper par la police. J’ai voulu résilier mon abonnement à "Porn Masters" pour ne pas claquer mes tunes bêtement, mais je n’ai pas réussi. Probablement parce que je suis une énorme quiche.

Je suis aussi allé chercher du bicarbonate de sodium à la station essence pour le mélanger avec de la coke, avant de donner à la mixture un nom chelou. C’était vachement sympa, une expérience de gaming hautement recommandable.

Drug Dealer Simulator n’est pas une "blague", c’est un vrai jeu, avec de vraies mécaniques de gameplay. Les graphismes sont relativement bas de gamme et la carte n’est pas immense – ne vous attendez pas à un GTA V en puissance, en somme. Quelques bugs et imprécisions sont aussi à signaler. Par exemple, si l’on change les touches pour un clavier AZERTY, de rares actions ne prennent pas en compte ce changement. La gestion de la drogue via la station de travail est aussi un brin fastidieuse à prendre en main au départ, mais on chope vite le coup de narine. La traduction laisse aussi parfois à désirer.

Mais heureusement, l’ensemble est tout à fait jouable et aucune de ces lacunes n’empêche la partie de se dérouler correctement.

Au moment où j’écris ces lignes, je ne suis pas encore devenu un gros baron de la drogue et je n’ai pas encore pu acheter de nouvelles planques. C’est, à mon sens, le problème principal du jeu : on met trop de temps à décoller dans le game de la drogue et la boucle "vente, achat, vente" est trop répétitive. Après cinq heures de jeu, je viens à peine de débloquer l’ecstasy ! C’est une honte, je vais le dire à mon papa.

Actuellement disponible à 15 euros sur Steam, Drug Dealer Simulator est à prendre pour ce qu’il est : un petit jeu indé sur lequel on peut se taper quelques bonnes barres de rire. Il possède tout de même un certain potentiel addictif (sans mauvais jeu de mots, cette fois) qui n’est pas pour nous déplaire.

On fait une bise à tous les Eddie.

Note : Snoop Doggy Dogg/ 20.

Rappel. Nous tenons à le répéter : la rédaction de Konbini Techno n'encourage en aucun cas la prise ou la revente de drogue. La loi française proscrit l'usage et la revente des drogues listées dans cet article. Nous rappelons également que l'usage illicite de l'une de ces substances peut être puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende.

En parallèle, comme le souligne l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, nous voudrions aussi souligner que les drogues, quelles soient dites "dures" ou "douces", tuent en France. Si vous souhaitez vous faire aider pour arrêter la prise de substances, que vous n'osez pas en parler dans votre entourage ou que vous êtes une personne isolée, le site Drogues Info Services peut vous venir en aide. Un numéro vert est également à disposition, tous les jours de 08h à 2h du matin. Un soutien psychologique et des conseils pourront vous être apportés de manière gratuite et anonyme au 0 800 23 13 13 ou au 01 70 23 13 13 depuis un appareil mobile.

Par Benjamin Bruel, publié le 07/05/2020