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Dix ans après, Chatroulette est-il encore truffé de zgegs ?

La célèbre plateforme de mise en relation random n'est pas morte. On vous en donne des nouvelles.

Si vous êtes nés après 2000, ce nom ne vous dira certainement rien. Mais pour toute la génération 90’s, Chatroulette doit raviver des souvenirs, et pas forcément les plus glorieux.

Lancé en 2009 par un Russe de 17 ans, Andrey Ternovskiy, ce site web de messagerie instantanée via webcam "révolutionne" l’Internet qui a récemment vu naître Facebook et Twitter. Son concept ? Mettre en relation de parfaits inconnus de manière aléatoire. Chaque personne connectée peut choisir de poursuivre l’échange webcam avec son interlocuteur ou bien de le “nexter”. 

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Contraction de chat et roulette (pour la roulette russe), il fut en somme le vénérable grand frère de Tinder, avec l’aspect sentimental en moins. Sur Tinder, le “next” deviendra le fameux “swipe”, redoutable et décisif balayage de l’écran d’un simple coup de doigts.

Chatteurs porno et néonazis

En 2010, alors que MSN a fait son temps, que Skype se positionne déjà sur le créneau professionnel et familial, Chatroulette gagne très vite en popularité auprès des jeunes générations et reçoit près de 800 000 visiteurs uniques par jour.

Mais gare aux mauvaises surprises. Car qui dit roulette russe, dit aussi rencontres improbables. En un rien de temps, le site peut vous proposer un appel visio avec des exhibitionnistes, des pseudos acteurs porno ou des individus déguisés en nazis. Vous pouvez aussi nouer des amitiés virtuelles avec votre alter ego de l’autre bout du monde. 

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Parmi ces histoires, nombreuses sont celles qui ont fini sur les bancs des tribunaux. En 2015, un homme de 24 ans est condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir détenu des images et des vidéos pornographiques d’une jeune fille de 12 ans, rencontrée sur la plateforme.  

Un site qui prend la poussière

Face à ces nombreuses controverses et face à l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché, l’effet Chatroulette a rapidement fait pshiiit. Dès 2012, des Chatroulette like ont émergé sur la toile : Wizzcam, Airtime, Tinychat et surtout Périscope.

Mais, bien que relégué dans les tréfonds du web, Chatroulette est encore sur pattes. Uniquement disponible en version desktop, le site intègre quelques variantes par rapport à ses débuts. Aujourd’hui, la webcam se connecte grâce à une reconnaissance faciale, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. L’utilisateur est donc obligé de dévoiler son visage et non pas une autre partie de son corps pour accéder au chat. Une première approche moins anonyme et brutale. 

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L’interface aussi a changé. Seule une page blanche proposant de démarrer sa webcam apparaît. Exit le forum en ligne et la partie messagerie instantanée. Au moment de la connexion vidéo, d’irréductibles chatteurs répondent toujours présents : essentiellement des hommes, pour la plupart dénudés. On croisera des sexes masculins dans à peu près 50 % des mises en contact.

Un Allemand et trois Belges

Au milieu de cette jungle, on rencontre Peter, un Allemand de 25 ans, vêtu et plutôt affable. Lui dit se connecter “de temps en temps”, pour tromper l’ennui et rencontrer des personnes “random”. En plusieurs années d’utilisation, il n’a pas remarqué de changement radical sur le site. 

Quelques pénis et drôles de (petits) oiseaux plus tard, un groupe de trois adolescents belges, Thomas, Yan et Axel, apparaissent à l’écran. Ils semblent se connecter pour la première fois au site dans le but de “s’amuser”, disent-ils. Cette innocente génération Instagram/Periscope découvre avec une curiosité naïve un monde “cru” qu’elle ne connaissait pas. En une vingtaine de chats successifs, une seule femme brise l’enchaînement de rencontres masculines sur un réseau social fidèle à lui-même. 

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Combien d’anciens et nouveaux adeptes précisément errent encore, avec ou sans vêtements, dans ces limbes ? Contacté par Konbini Techno, le fondateur Andrey Ternovskiy n’a pas donné suite. 

Par Clotilde Costil, publié le 18/10/2019

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