On a testé le premier sabre laser connecté (français) et c'était épuisant

De vrais combats sans Force... mais avec de la sueur.

Le sabre laser, c’est fascinant, ça brille, ça fait du bruit et ça nous ramène à nos instincts les plus primaires. Pas forcément la rixe légendaire entre Ben Kenobi et Dark Vador (1977) qui ressemblait à un combat de résidents Ehpad, mais tous les autres, qui foutaient plein d'étoiles dans les yeux.

Je me souviens encore de mon premier sabre laser en plastique, bruyant et peu commode, qui m’avait tout de même couté de nombreux jetons au stand de tir à la carabine de ma fête foraine locale. Quinze ans plus tard et après avoir passé sept longues années dans un club d’escrime à me faire latter les doigts de la main gauche par des coups fouettés de sabre (en métal, pas laser), il était temps de prendre ma revanche.

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Konbini Techno a été invité par la marque Solaari à tester son nouveau modèle de sabre. L’événement était associé à la Fédération Française d’Escrime et son entité l’Académie de Sabre Laser. En effet, le sabre laser est désormais une vraie sous-discipline, qu’il soit en combat ou en chorégraphie artistique.

Connecté certes mais surtout solide

Solaari est une jeune filiale de LDLC, le constructeur informatique. Comme nous l’explique l’entreprise, l’idée est venue il y a quelques années à un directeur du marketing de s’insérer sur ce marché. Il avait commandé quelques semaines auparavant un sabre laser provenant directement des États-Unis pour son fils. À l’arrivée, l’objet était très décevant, de faible qualité et assez fragile, et ce malgré les coûts élevés d’un tel import.

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Pendant les deux ans et demi qui suivent, le département de recherches et développement de LDLC se concentre sur la fabrication de son propre sabre laser. Avec une fabrication en France et des pièces à 80 % locales, le sabre laser Solaari se voudrait presque responsable mais qu’en est-il de la qualité du produit en soi ?

Dès les premières prises en main, il faut admettre que le bébé pèse son poids : un tout petit moins d’un kilo, ce qui est aisément supportable à deux mains mais qui peut commencer à vite fatiguer à une main. La poignée est plutôt agréable et ergonomique – même si à ce prix-là, on aurait apprécié plus de finitions esthétiques.

D’un autre côté, le sabre est solide. Durant l’initiation, que ce soit en combat réel (avec protection) ou en chorégraphie, même en portant les coups, le sabre ne bronche pas. Seules quelques égratignures viennent parfois entacher la lame.

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Les combats peuvent devenir particulièrement épuisants sachant qu’il faut toujours "armer" les attaques.

Qu’en est-il de la fonction de sabre "connecté" vanté par le constructeur ? En accédant à une application smartphone et via une connexion Bluetooth, vous pouvez en effet customiser votre sabre (couleur, sons, bruitages, etc.). Dans les faits, l’application n’est pas encore parfaitement claire, et cela relève encore un peu du "gadget". On retiendra quand même la possibilité de changer la couleur, car vous pouvez vraiment choisir n’importe quelle teinte.

Un des gros atouts qui peut différencier ce modèle sur le marché est que les lames sont parfaitement dissociables du manche, retenues par un grand pas de vis. Comme tous les autres sabres de combat sur le marché, on utilise du verre de polycarbonate, un matériau solide mais qui surtout ne risque pas de blesser si la lame casse. Car oui, les lames cassent, souvent même en compétition. La position de Solaari vis-à-vis de ce souci récurent est de considérer les lames comme des "consommables" : elles ne coûtent que 15 euros pièce.

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Aujourd’hui, les sabres Solaari sont en vente à 300 €. Cela peut paraître élevé mais, à titre de comparaison, le DisneyLand de Los Angeles propose des sabres laser purement décoratifs (mais moches à souhait) à 200 dollars tandis qu’un modèle utilisable pour le combat affichera un prix situé autour des 500 dollars – sans compter les frais de port et de douanes.

En définitive, le sabre laser de Solaari présente des avantages certains vis-à-vis de la concurrence. On espère juste que la fonctionnalité de connectivité assez futile ne soit pas trop responsable du prix.

Par Pierre Bazin, publié le 13/03/2020