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On a testé les Nothing Ear (1), les écouteurs transparents qui font la nique aux AirPods

Publié le

par Benjamin Bruel

Des écouteurs à 99 euros peuvent-ils concurrencer les grands noms du marché ? C’est l’objectif de la nouvelle marque Nothing.

Nothing, ça ne vous dit rien ? Sauf si vous êtes un fervent enthousiaste des gadgets tech, c’est à peu près normal : la marque britannique a révélé, sans grande pompe, ses premiers écouteurs au beau milieu de l’été. Dans un marché ultra-concurrentiel, Nothing joue sur le storytelling de l’outsider mystérieux qui mise sur un produit qualitatif à prix réduit. Avec ses Ear (1), écouteurs sans-fil vendus au prix de 99 euros, Nothing réussit son premier pari. On vous fait le topo.

Nothing, la nouvelle marque de Carl Pei

Nothing, c’est d’abord un nom : celui de Carl Pei. Cet entrepreneur de 31 ans (!) est à l’origine de la marque OnePlus, qui avait su secouer le marché des smartphones Android avec le lancement du OnePlus One en 2014 (un million de ventes contre 50 000 attendues).

Carl Pei a annoncé le lancement de Nothing en octobre dernier, sans que personne ne comprenne vraiment ce qu’il comptait produire. "Nous avons partagé notre mission avec le monde entier : faire tomber les barrières qui séparent les hommes de la technologie, et créer un futur ou les interactions numériques se font naturellement, sans frictions", est-il écrit sur le site de la marque, dans un storytelling savamment orchestré pour attiser la curiosité des amateurs de gadgets en tous genres.

Au printemps, nos premiers contacts avec les relations presse de la marque nous le confirment : on ne comprend pas trop ce qu’est Nothing. Mais tout ceci crée la curiosité.

(© Konbini Techno)

Les Nothing Ear (1), ce que l’on a aimé

Puis l’annonce est faite, au début de l’été, de l’arrivée des écouteurs true wireless Nothing Ear (1) pour un prix béton : 99 euros, contre minimum 180 euros pour des AirPods ou des Jabra Elite.

Premier produit de la marque, ces écouteurs intra-auriculaires se distinguent d’ores et déjà de la concurrence par leur design : les écouteurs sont transparents. Hormis sur les oreillettes, on voit l’intérieur de la tige des écouteurs et ses circuits électroniques, où est inscrit le nom du produit en tout petit. Un parti pris à l’esthétique résolument industrielle que l’on apprécie, malgré l’enrobage en plastique tout ce qu’il y a de plus classique. Et qui change des écouteurs blancs ou noirs que l’on trouve habituellement. La forme des écouteurs tranche avec l’arrondi des AirPods, sans pour autant changer la formule.

L’esthétique, ce n’est pas rien, à l’heure où les écouteurs sont devenus de vrais accessoires de mode, mais ça ne fait pas tout. Les écouteurs ont l’air cool, mais le sont-ils niveau son ? On vous le dit tout net : le son est bon. Les Nothing Ear (1) bénéficient d’un mode Transparence permettant de restituer les sons aux alentours et d’une réduction active de bruit, que l’on a trouvée particulièrement efficace pour des écouteurs – nous qui sommes surtout habitués aux casques fermés.

J’ai testé les Ear (1) avec un iPhone 12 Mini et des titres écoutés sur Deezer en haute qualité. Avec ses transducteurs dynamiques de 11,6 mm de diamètre, les Ear (1) nous proposent un son équilibré avec une spatialisation qui n’a pas à rougir devant la concurrence. Amateurs de musiques électroniques, on a pu écouter avec plaisir les nuances de The Age of Love de Charlotte de Witte ou Faire et refaire des Français de Ascendant Vierge sans se sentir trop lésé sur les basses, qui ne piquent pas non plus lorsqu’on va un peu trop fort.

(© Konbini Techno)

La profondeur du son est limitée face à des concurrents à 250 euros comme les EarBuds de Bose. Les différentes tonalités, comme lorsqu’on écoute les nombreux instruments de groupes géniaux comme Toe, se perdent un peu dans la cacophonie. Il est clair que les audiophiles y trouveront des défauts non négligeables. Mais les Nothing Ear (1), à un prix encore une fois compétitif, tiennent largement la distance. On ajoutera qu’ils sont confortables aux oreilles et tiennent sans soucis en place lors d’une session de running (testée, approuvée).

Ce que l’on aime un peu moins

Il y a deux choses que l’on n’a pas du tout appréciées sur les Nothing Ear (1) : la première, c’est la batterie. Les écouteurs promettent un temps d’écoute de 4 heures d’écoute sans recharge avec réduction de bruit active, tandis que le boîtier promet 34 heures de charge, soit environ 5 recharges complètes. Mes écouteurs ont tenu leur promesse sans zèle, avec environ 3h45 à plein régime, tout comme le boîtier de chargement. Néanmoins, c’est trop court et, si l’on est habitué à des appareils tenant jusqu’à sept heures, un brin frustrant.

La deuxième chose, beaucoup plus rageante, ce sont les fonctionnalités pour changer de musique ou mettre en pause les titres. Nothing propose une interface tactile sur la tige de ses écouteurs : trois tapes pour changer de son, taper et maintenir pour activer ou désactiver la réduction de bruit et le double appui pour mettre en pause. Ces paramètres peuvent être modifiés via l’application Ear, au demeurant très simple d’utilisation (en anglais). Toutefois, l’utilisation de ces capteurs sensitifs a été infernale, avec des écouteurs capricieux qui captaient mes appuis répétés quand bon leur semblait. Jusqu’à préférer sortir mon mobile pour changer de track.

Enfin, il m’a fallu moi-même découvrir qu’il y avait une appli ou comment marchaient ces commandes, Nothing n’envoyant aucune fiche explicative dans son packaging. C’est dommage.

Pour conclure

Vous l’avez compris : l’avantage des Nothing Ear (1), c’est trois choses : un design qui a une sacrée dégaine avec une marque qui promet un certain caractère, un prix ambitieux et accessible et une qualité sonore qui, si elle n’est pas exceptionnelle, tient largement ses promesses. Pour cela, Nothing sacrifie parfois la profondeur et la richesse sonore, tout comme la batterie et, étonnamment, les commandes tactiles. Mais l’on a apprécié l’expérience et comptons bien suivre les prochains produits de la marque.


Pour nous écrire : hellokonbinitechno@konbini.com

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