À Hong Kong, les lasers contre la reconnaissance faciale crament des appareils photo

Certains photographes hésitent à continuer de documenter les manifestations...

Depuis la fin mars, les révoltes ne cessent de gronder à Hong Kong et ni les manifestants, ni les forces de l’ordre ne veulent s’avouer vaincus. Lorsque la police enfume la foule à coups de gaz lacrymogène, elle tente de se protéger à l’aide de casques et riposte avec des cailloux. Lorsque, dans un tournant dystopique et digne de scenarii de films de science-fiction, la police a recours à des systèmes de reconnaissance faciale pour identifier les manifestants, ces derniers utilisent des lasers pour les brouiller.

Dernièrement, les forces de l’ordre ont tenté d’interdire l’usage de ces lasers, avançant l’argument qu’ils seraient dangereux pour la peau… "Plus dangereux que des bombes lacrymo", peut-on légitimement se demander ?

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La technique de défense a cependant bien un inconvénient. S’ils contrent bien les caméras de reconnaissance faciale, les faisceaux lumineux crameraient également les appareils des photographes venus documenter les manifestations. Plusieurs d’entre eux ont ainsi rapporté qu’ils hésitaient à venir couvrir ces événements, après avoir vu la façon dont les lasers pouvaient détériorer les capteurs de leurs appareils, comme le montre une vidéo postée sur YouTube à la mi-août.

D’autres n’en ont cependant que faire et affirment que la documentation de tels événements passe au-dessus de toute considération matérielle. C’est le cas du photographe Michael Yon, interrogé par PetaPixel :

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"J’ai demandé à d’autres photographes, mais personne ne m’a parlé de filtres spéciaux [qui permettraient de se protéger des lasers]. Je vais sans doute acheter un Sony ou un Canon de meilleure qualité, je tenterai ma chance même s’il finira sans doute cramé – c’est le prix à payer pour ce genre de travail.

J’ai été correspondant de guerre pendant dans années. Le prix à payer, c’était la mort. Ici, on parle de capteurs photo."

L’été continue d’être particulièrement agité à Hong Kong et du côté des diasporas à travers le monde depuis l’annonce d’un amendement de la loi d’extradition par le gouvernement. Cet amendement menacerait le statut légal particulier de la région, relativement autonome, et permettrait à la Chine continentale d’intervenir dans son système.

Au fil des semaines, la situation est devenue de plus en plus violente, avec toujours plus d’usage de nouvelles technologies, allant jusqu’à être qualifiée de "guerre informatique".

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"Les manifestants hongkongais sont à un niveau supérieur. Ici, on les voit utiliser des lasers pour éviter les appareils photo à reconnaissance faciale. C’est une guerre informatique à l’encontre de l’intelligence artificielle chinoise."

Par Lise Lanot, publié le 28/08/2019

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