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Avis de recherche : un homme en jetpack a survolé l'aéroport de Los Angeles

Publié le

par Battiste Delfino

(c) Ryan Pierse/Getty Images

Les autorités fédérales et les services de l'aviation ont lancé une enquête pour déterminer l'identité de l'individu à bord.

Ce week-end, deux pilotes de vols commerciaux en approche de l’aéroport principal de Los Angeles ont signalé la présence d’un objet volant pour le moins inhabituel. En effet, même dans le pays de toutes les excentricités, on croise rarement ce genre de véhicules. Cela n’arrive que dans GTA ou les films d’action hollywoodiens. Et l’histoire n’est pas sans rappeler les drones qui s’étaient approchés de l’aéroport de Gatwick à Londres, en 2018, et avaient semé la panique.

"Tower, American 1997 – nous venons de croiser un gars dans un jetpack", a ainsi déclaré le pilote du vol American Airlines 1997 de Philadelphie, vers 18 h 35 ce dimanche. L’échange complet avec la tour de contrôle a été capturé et publié par LiveATC.net, qui partage ces enregistrements en direct et archive toutes les transmissions radio entre les pilotes et les services de contrôle du trafic aérien américain.

Lorsqu’il a été repéré, l’individu se trouvait à environ 300 mètres sur la gauche de l’appareil. Le FBI et la FAA (Federal Aviation Administration) ont lancé une enquête pour l’identifier et l’appréhender.

Interrogé par le New York Times, Seth Young, pilote de longue date et professeur d’aviation à l’Ohio State University, a rappelé qu’il était "très dangereux" de s’approcher si près d’un avion en vol :

"Le risque est évidemment de voir arriver une collision, ou que la personne soit aspirée par l’un des moteurs. Nous avons également ces problèmes avec les oiseaux qui volent dans les espaces aériens encombrés."

L’individu à bord du jetpack n’avait pas les autorisations requises pour voler dans cet espace aérien, et encourt une grosse amende ainsi que des poursuites judiciaires qui pourraient faire jurisprudence.

Si la ville de Los Angeles est le seul endroit au monde où l’on pouvait s’attendre à voir décoller un homme de la sorte, peu d’ingénieurs qui travaillent sur la technologie la maîtrisent au point de l’essayer à presque cent mètres du sol : une démonstration impressionnante, mais terriblement inconsciente, selon la FAA.

Du plomb dans l’aile

L’utopie d’un homme volant, libre de ses mouvements et défiant la gravité n’est pas nouvelle. L’industrie du cinéma et la pop culture se sont emparées très tôt de cet idéal, mais peu de progrès ont été réalisés pour rendre la technologie sûre et disponible pour un usage récréatif ou commercial. Ceci dit, de nos jours, de nombreuses start-up travaillent à rendre le rêve réalité, et faire voler l’être humain dans des véhicules individuels.

Comme le souligne le New York Times, actuellement, le principal problème de tels dispositifs reste leur consommation de carburant. La plupart des jetpacks ne sont pas équipés pour voler plus de quelques minutes, ce qui les empêche de monter très haut, exposant tout de même les conducteurs au danger d’une chute vertigineuse.

Reste aussi le problème de l’homologation des appareils (risques de surchauffe, gestion du poids), leur signalisation sur les radars de vol et le vide juridique qui les entoure.

David Mayman, fondateur de JetPack Aviation – société californienne à l’origine du "seul jetpack au monde" qui peut atteindre jusqu’à 15 000 pieds d’altitude (4 500 mètres) et peut fonctionner pendant environ 10 minutes –, a réagi à l’actualité du week-end en déclarant, toujours au New York Times : "Honnêtement, nous ne savons pas qui pourrait travailler sur cette machine, et qui serait assez stupide ou assez imprudent pour l’essayer dans de telles conditions."

Pour l’instant, les seuls dispositifs volants tolérés pour une utilisation civile sont destinés aux amateurs de sensations fortes, qui peuvent faire l’expérience de quelques minutes de vol dans des espaces dédiés et sécurisés, généralement au-dessus de champs ou d’étendues d’eau.

D’ailleurs, dans le futur, face au tâtonnement des autorités, rien ne prédit que le commun des mortels aura accès aux véhicules volants individuels, et le chemin semble long pour que ces appareils soient sécurisés.


Seriez-vous prêt à monter à bord de l’un de ces véhicules, malgré le danger ? Votre avis nous intéresse ! Dites-nous tout sur hellokonbinitechno@konbini.com

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