Clap de fin pour SETI, le programme de recherche collaborative sur les extraterrestres

Mais la recherche continue !

Depuis deux décennies, SETI squatte une partie de la puissance de calcul de millions d’ordinateurs, en quête d’un signe de vie extraterrestre.

Ce projet lancé en 1999 depuis l’université de Berkeley reposait, bien avant qu’il ne soit possible de miner des cryptomonnaies, sur le principe de calcul partagé : proposer à des internautes de mettre leur ordinateur à contribution grâce à un petit logiciel, qui viendrait utiliser une infime partie de sa puissance de calcul pour analyser les données collectées par plusieurs radiotélescopes. En particulier, le radiotélescope d’Arecibo, l’un des plus puissants au monde, doté d’une antenne de 305 mètres de diamètre.

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L’objectif principal était de détecter un signe de vie extraterrestre grâce à l’analyse de ces données – SETI signifiant Search for Extraterrestrial Intelligence. Oui, madame.

En 2000, un an à peine après le lancement du projet, le magazine Wired rapportait que plus de 2,6 millions de personnes s’étaient connectées au petit logiciel de SETI. Ensemble, ces ordinateurs calculaient environ 25 trillions de calculs par seconde, rendant SETI plus puissant que le meilleur super ordinateur au monde.

Mais cette tendre épopée est terminée – ou presque.

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Le 2 mars, le site officiel de SETI@home a annoncé ne plus avoir besoin du concours des volontaires. Dès le 31 mars, il ne sera plus possible de télécharger le client pour réaliser des calculs.

La fin de la recherche de signes de vie extraterrestre ? Pas vraiment. En réalité, les chercheurs expliquent que la gestion de la distribution des données leur prenait trop de temps, alors qu’ils ont désormais assez d’informations nécessaires. Ils vont se concentrer sur l’analyse de vingt ans de résultats accumulés.

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Vingt ans de données recueillies par les plus grands télescopes, analysées grâce à une quasi incommensurable puissance de calcul partagé. Il doit bien y avoir quelque chose, non ?

En attendant, sur Twitter, certains utilisateurs, un brin émus, ont fait leurs adieux à SETI@home.

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Par Benjamin Bruel, publié le 04/03/2020