Tardigrade. (© Getty)

Des bébêtes quasi indestructibles ont été envoyées sur la Lune

L'alunisseur privé de SpaceIL contenait des milliers de ces animaux microscopiques, connus pour leur extraordinaire résistance.

Le 11 avril dernier, la mission qui devait amener le premier vaisseau privé de l’histoire sur la Lune a échoué. Spectaculairement. À minuit, heure de Yehud (Israël), dans les locaux d’Israel Aerospace Industries, alors que le module Bereshit se rapprochait doucement, très doucement, de la mer de la Tranquillité, le contact avec la Terre s’est rompu. Le module, incapable d’allumer ses moteurs au moment crucial, s’écrase sur la Lune. La mission échoue.

Au-delà de l’immense déception ressentie par les équipes de SpaceIL, une start-up bâtie pour remporter le million de dollars du concours Google Lunar X Prize, le crash fatal de Bereshit met en péril une autre mission : celle de l’ONG Arch Mission Foundation, passée inaperçue lors du lancement. Son plan ? Créer "une sauvegarde de la Terre" en constituant une bibliothèque numérique et biologique sur la Lune, rien de moins. Lorsque Bereshit se plante sur la Lune, ce 11 avril 2019, il embarque à son bord un DVD contenant 30 millions de pages de données, des échantillons d’ADN humain… et quelques milliers de tardigrades. Le 5 août, Wired nous apprend cette information vertigineuse : grâce à Bereshit, il y a désormais de la vie (microscopique) sur la Lune. Même si c’est un peu plus compliqué que ça.

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Envoyer des organismes sur la Lune, c’est parfaitement légal

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Le tardigrade est un organisme extraordinaire. En l’état actuel de nos connaissances, ce petit ver d’un millimètre de long, surnommé "ourson d’eau", est l’animal le plus résistant qui soit. Tellement résistant, en fait, qu’il confine à l’invulnérable. Grâce à sa botte secrète, la cryptobiose, la bête (on en connaît plus de 600 espèces) peut survivre dans les conditions les plus hostiles qui soient, y compris dans l’espace.

Techniquement, une fois entré en cryptobiose, l’animal est déshydraté et ses fonctions vitales sont presque entièrement stoppées. Difficile, donc, de parler de vie. Mais si Bereshit a disséminé des tardigrades en s’écrasant sur la Lune, ceux-ci ne sont probablement pas morts mais simplement en stase. Un peu d’humidité suffirait à les ressusciter.

Au-delà du constat, est-il seulement légal d’envoyer de l’ADN humain (de 24 personnes différentes dont le créateur de l’Arch Mission Foundation, le millionnaire Nova Spivack) et des organismes vivants sur la surface sélénite ? Étonnamment, oui, affirme Wired. Contrairement à Mars, dont la contamination est un scénario cauchemardesque pour le bureau de protection planétaire de la Nasa (qui travaille conjointement à l’agence spatiale européenne), la Lune n’est pas considérée comme essentielle à notre recherche de vie extraterrestre et chacun est donc libre d’y envoyer ce qu’il veut. D’ailleurs, rappelle le magazine, les tardigrades ne sont pas les premiers composants organiques à alunir : près d’une centaine de sacs d’excréments reposent déjà sur notre satellite, vestiges des missions Apollo.

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Par Thibault Prévost, publié le 07/08/2019

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