L'ADN des petits pois a enfin été séquencé et c'est une bonne nouvelle

Les légumineuses sont une alternative à la viande et permettent de lutter contre le réchauffement climatique.

Le décryptage du génome du petit pois vient d’être réalisé pour la première fois par huit équipes de chercheurs pilotées par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Cette avancée ouvre des perspectives très importantes pour la recherche, tant pour nourrir la planète que pour lutter contre le réchauffement climatique.

Reconstituer le génome du petit pois n’a pas été une mince affaire. "Il a fallu ordonner plusieurs milliards de courtes séquences d’ADN", a indiqué à l’AFP Judith Burstin de l’INRA-Dijon, qui a coordonné l’article publié lundi dans la revue "Nature Genetics".

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Alors que le premier séquençage du génome d’une plante a eu lieu en 2000, et que celui du blé est intervenu en 2018, celui du pois a pris plus de temps car "il s’agit d’un génome très volumineux et très complexe, avec beaucoup de petites séquences qui se répètent", a indiqué Mme Burstin. Les scientifiques planchaient sur le sujet depuis 2013.

Cette percée dans le domaine de la recherche permettra, sur le plan pratique, l’amélioration variétale de toutes les légumineuses à graine. Et ça n’est pas rien. Les légumineuses, considérées comme "magiques" par certains agronomes, sont au centre des espoirs de la recherche mondiale aussi bien sur les questions alimentaires que climatiques. 

À tel point que l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) avait proclamé 2016, "année des légumineuses" et le GIEC a récemment rappelé que l’agriculture devrait s’adapter pour lutter contre le réchauffement climatique, notamment en réduisant l’élevage intensif.

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Les pois, fèves, et autres lentilles, domestiqués il y a environ 10 000 ans dans le croissant fertile de Mésopotamie, font partie de l’adaptation de l’agriculture au réchauffement climatique. Leur double particularité est de fixer l’azote de l’air dans le sol, donc d’enrichir la terre qui a besoin de moins de fertilisants chimiques, et d’être riches en protéines, constituant ainsi une alternative au moins partielle à la viande.

Également appelés légumes secs, ils contiennent 20 à 25 % de protéines, soit deux fois plus que le blé et trois fois plus que le riz, ainsi que de nombreux minéraux et vitamines.

"Il y a actuellement des progrès énormes dans le développement de variétés d’hiver qui résistent au gel" qui devraient permettre d’augmenter les surfaces de ces cultures un peu oubliées en Europe, a précisé Mme Burstin.

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L’équipe travaille en partenariat avec les sélectionneurs et semenciers, mais aussi avec les deux principaux industriels européens spécialistes de l’extraction des protéines de pois pour l’alimentation humaine, le groupe français Roquette, et le belge Cosucra, très courtisés par le boom de l’industrie des pâtés végétaux et autres viandes de synthèse aux États-Unis.

Article écrit en collaboration avec l’Agence France-Presse

Par konbinitechno, publié le 06/09/2019

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