L'État français lance un appel d'offres pour acquérir un paquet de drones

Des nanos, des petits et des gros, de toutes les tailles et pour tous les usages.

Les drones seront-ils bientôt le fer de lance de la défense intérieure française ? C’est en tout cas ce que laisse à penser le récent appel d’offres lancé par le ministère de l’Intérieur, disponible sur le site du Bulletin officiel des annonces de marché public et repéré par le journaliste Brice Le Borgne :

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Au total, ce sont plus de 650 drones pour une facture globale estimée à 3 555 000 euros qui pourraient être commandés par le gouvernement. Le dossier de consultation, en accès libre, précise les objectifs de ces futures acquisitions pour l’État français :

"Afin de renforcer l’efficacité opérationnelle des unités de la sécurité intérieure, les systèmes de drones constituent un appui depuis la troisième dimension en matière d’observation-surveillance, de recherche, de reconnaissance, de constatation et de renseignement."

La grande majorité de ce nouvel "essaim" sera composée de "drones de capacité nationale" avec pour but d’être "déployé[s] pour des missions de haute intensité, lors d’événements majeurs régionaux ou nationaux, avec des capacités d’observation et de retransmission sécurisées à longue distance de jour comme de nuit".

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Ce drone pèsera moins de 8 kg et volera à environ 120 mètres pour un rayon d’observation estimé à 500 m. Un lot inclut aussi un modèle de "nano-drone spécialisé", peu ou prou identique à ceux utilisés par l’armée. Ils ne dépassent pas les 50 grammes. Ces derniers devraient profiter d’une "discrétion visuelle" et, comme le souhaite l’Intérieur, d’un "capteur thermique". Enfin, le dernier lot est composé d’outils de transmission comme des relais wi-fi, qui devraient permettre de communiquer sur une distance de 2 km "minimum".

Récemment, les images des drones armés de haut-parleurs, utilisés à Paris ou encore en Espagne pour inviter les populations à rester confinées, avaient mis en lumière ce nouvel équipement à disposition des forces de police. Toutefois, le lien entre cet appel d’offres et la situation sanitaire actuelle reste difficile à établir si l’on garde en tête que ce genre de procédé est établi longtemps à l’avance.

Par Pierre Bazin, publié le 14/04/2020