Un bloc de plastique à l'épreuve des balles a été imprimé en 3D

Une balle envoyée à 5,8 kilomètres par seconde a été stoppée net par ce bloc à la géométrie très spéciale.

En l’espace de quelques années, les armes imprimées en 3D se sont propagées comme une traînée de poudre aux États-Unis. Jusqu’à ce que le Congrès américain doivent légiférer pour enrayer la propagation de ces armes de poing quasiment intraçables, fabriquées à la maison et à moindre coût.

Une équipe de chercheurs à l’université Rice de Houston vient de mettre au point la contrepartie des armes en 3D : un cube capable de résister à l’épreuve des balles, entièrement fabriqué en plastique avec une imprimante. La prouesse vient de la remarquable complexité de la structure de l’objet qui, malgré sa composition en polymère, a pu supporter l’impact d’une balle allant à 5,8 km à la seconde, comme nous l’apprend Gizmodo.

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L’idée derrière la création de ce cube était de tester la résistance d’une structure théorique microscopique appelée "tubulane" en anglais (littéralement "tubulaire", fait de tubes, en français) et mise au point en 1993 par le chimiste Ray Baughman et le physicien Douglas Galvão, qui font aujourd’hui tous deux partie de l’université Rice.

Leur théorie est qu’en enchevêtrant des nanotubes de carbone d’une certaine manière, il serait possible de créer un matériel extrêmement léger et avec une capacité de résistance aux impacts extraordinaires. En deux mots, pensez à l’armure de Batman.

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Comme ils l’expliquent dans un article publié dans la revue scientifique Small, les chercheurs ont découvert qu’il était possible d’imiter – avec une résistance forcément amoindrie – les propriétés des nanotubes de carbone. Ils ont imprimé en 3D deux blocs de polymère : un premier bloc carré, solide, sans trou. Un second possédant cette fameuse structure géométrique tubulaire.

Aucun des deux cubes ne fut entièrement détruit, mais le premier, le bloc solide, a été sévèrement endommagé avec une énorme brèche à l’endroit de l’impact et des fissures sur l’ensemble du bloc. Tandis que le deuxième bloc a beaucoup mieux résisté : le projectile a été stoppé net dès la deuxième couche de polymère, laissant le reste de la structure entièrement intacte.

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Les applications pour des structures de cette résistance pourraient être nombreuses, de l’aéronautique jusqu’à l’armée et la police. Bientôt, les gilets pare-balles en plastique ?

Par Benjamin Bruel, publié le 22/11/2019

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