(© The Gateway Foundation)

Des entrepreneurs fous aimeraient ouvrir un hôtel dans l'espace en 2025

Son intérieur chaleureux et sa gravité artificielle dénoteront avec toutes les stations spatiales actuelles

On savait déjà que des grands milliardaires de la Silicon Valley, comme Jeff Bezos et Elon Musk, comptaient envoyer prochainement encore plus de particuliers dans l’espace pour des sessions touristiques. Eh bien sachez qu’une autre organisation, moins connue, s’est aussi positionnée sur le créneau : la Gateway Foundation. Celle-ci vient d’annoncer son objectif de construire le premier hôtel spatial d’ici 2025, la station Von Braun.

Dans un entretien donné à Dezeen, le designer de la station, Tim Alatorre, a détaillé sa vision : le bâtiment-vaisseau aura la forme d’une roue géante d’environ 200 mètres de diamètre qui tournera lentement sur elle-même pour générer une force gravitationnelle.

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Vingt-quatre nacelles pressurisées arrimées les unes aux autres formeront l’anneau extérieur de la roue. Ces modules interconnectés incluront des résidences privées, des chambres d’hôtel ainsi que des quartiers pour le personnel de la station. Une partie de celle-ci sera d’ailleurs vendue aux États qui souhaitent avoir des centres de recherche en orbite.

(© Gateway Foundation)

Puisque l’endroit est conçu pour des fins avant tout récréatives, il y aura une bonne dose de Club Med sur place : des bars, des restaurants et même une salle de sport. Tout est prévu pour que les résidents puissent être dans les meilleures conditions pour apprécier leur séjour extraterrestre.

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Grâce à certaines technologies utilisées dans la Station spatiale internationale (ISS), la station prévoit d’avoir en permanence une population d’environ 400 habitants. Tim Alatorre assure que tout sera fait "pour que les habitants se sentent comme à la maison".

Pour ce faire, l’hôtel va simuler une forme de gravité lunaire, ce qui en ferait la première station équipée d’un tel dispositif – ce qui serait pratique, quand même, notamment pour que les affaires des astrotouristes ne volent dans tous les sens.

(© Gateway Foundation)

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2001 : l’Odyssée de l’espace (mais en plus chaleureux)

Dans les concept arts, une attention toute particulière a été portée aux intérieurs. Les designers ont préféré s’éloigner des looks futuristes, froids et immaculés, pour une option plus confortable.

Alatorre s’explique :

"Dans le film 2001 : l’Odyssée de l’espace, la station spatiale 5 de Stanley Kubrick est un genre d’hôtel stérile, tout blanc et tenant plus du musée. Si cela a donné un esprit bien futuriste au film, dans la réalité, l’endroit ne paraît pas très accueillant. En tant qu’humains, notre nature nous pousse à nous connecter aux matériaux et couleurs naturels."

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Le designer se veut confiant. Selon lui, nous sommes à deux doigts d’une percée qui permettra à de plus en plus de gens de tutoyer les étoiles :

"Comme faire une croisière et se rendre à Disneyland, aller dans l’espace deviendra à terme une autre option possible pour les vacances."

Space hotel: Von Braun Space Station by the Gateway Foundation

(© Gateway Foundation)

Mais d’où vient son nom ?

Cependant, le projet a à peine été annoncé qu’il fait déjà l’objet d’une controverse. En effet, le nom de la station est un hommage à Wernher von Braun, un scientifique allemand spécialisé dans les fusées qui, avant de travailler pour la Nasa, a collaboré avec le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment en mettant au point les fameux missiles V2 qui ont ravagé Londres. Tim Alatorre justifie son choix en affirmant qu’il s’est grandement inspiré de concepts décrits par Von Braun dans les années 1950.

Glorifier un personnage controversé n’est pourtant pas le plus gros problème auquel est confrontée la fondation : si le projet semble sérieux sur le papier (certains des créateurs ont travaillé pour la Nasa), l’aspect économique de l’entreprise semble insurmontable. Quand on sait que l’ISS a coûté 150 milliards de dollars à construire (la facture continue de grimper), financer cette station relève pour l’instant de l’impossible.

Par Bertrand Steiner, publié le 06/09/2019

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