Une intelligence artificielle permet d'effacer toute l'eau visible sur une image

Loin de tout logiciel de retouche, une scientifique a trouvé le moyen de révolutionner la prise d'images sous-marines.

75 % des fonds marins sont inexplorés, entend-on souvent. De nombreux·ses scientifiques et océanographes tentent de percer les mystères des abysses, à l’exemple de Derya Akkaynak, une chercheuse du prestigieux Massachusetts Institute of Technology.

En collaboration avec l’universitaire Tali Treibitz, Derya Akkaynak a codé un ensemble d’algorithmes permettant de distinguer plus nettement les coraux et zones sous-marines, en éliminant l’eau de ses photographies.

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"Les images sous-marines ont souvent un filtre coloré, vert ou bleu selon l’endroit où on les a prises. Les objets situés à une lointaine distance sont obstrués par ce qu’on appelle la rétro-diffusion, une sorte de brouillard. Plus on se trouve loin d’un objet, plus ce dernier sera obstrué par ce brouillard. 

Cela est causé par le fait que la lumière, lorsqu’elle traverse l’eau, est absorbée et éparpillée, et l’intensité des couleurs diminue. C’est pour cela que les images du fond de l’eau ont l’air si ternes et déformées", éclaire Derya Akkaynak dans une vidéo explicative

© Scientific American

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Sea-thru, l’intelligence artificielle développée par la jeune femme, est basée sur un système de conversion des couleurs. La chercheuse place un nuancier sous l’eau, à côté de l’objet qu’elle souhaite photographier et prend des images de cet objet sous différents angles sur une quinzaine de mètres de distance.

Les images sont toutes uploadées, puis des "degrés de dégradation" de chaque pixel sont calculés, et le brouillard ainsi que les filtres colorés causés par l’eau sont alors effacés. 

Cette manœuvre est révolutionnaire au sens où elle est effectuée par un ordinateur et non pas de façon manuelle, comme ce que faisaient les océanographes jusque-là. Derya Akkaynak précise bien que son algorithme n’a rien à voir avec Photoshop ou un quelconque logiciel de retouche. Il ne s’agit pas de simplement ajouter de la luminosité ou de supprimer des ondes de couleur mais bien de figurer ce à quoi des objets marins ressembleraient sur terre, afin de les étudier plus facilement.

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C’est donc une "correction physiquement fidèle" à la réalité, sans but esthétique mais bien à visée scientifique qu’a développée celle dont le prénom signifie "mer" en perse. Que cet objectif ne nous empêche pas de rêver, note PetaPixel, et d’imaginer ce que les amateur·rice·s de photographie pourraient réaliser avec un tel outil sous-marin.

© Scientific American

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Par Lise Lanot, publié le 14/11/2019

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