Petit guide de survie pour interpréter les émojis des utilisateurs de Grindr

L'utilisation des émojis sur Grindr est très particulière, focus sur leur signification.

Leader mondial des applications de rencontre pour hommes gays ou bi avec plus de 27 millions d’utilisateurs, Grindr permet à ses utilisateurs de dialoguer avec les profils se trouvant dans un secteur géographique proche : quelques photos (parfois dénudées), un pseudo et une biographie courte qui ressemble bien souvent à un rébus.

Si l’utilisation des émojis n’est pas spécifique à Grindr, l’application possède son langage propre, comme nous le confie David, un utilisateur : "quand tu es novice ou que tu y es totalement extérieur, ça paraît être une autre langue, c’est sûr." 

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L’utilisation des émojis sur Grindr, au même titre que les photos ou les gifs permet de s’exprimer plus facilement ; mais également d’indiquer aux autres ce qu’ils recherchent.

"C’est pas quelque chose qu’on envoie en général [les émojis NDLR], c’est plus quelque chose qu’on met sur les profils ou dans les pseudos pour indiquer ce qu’on aime et/ou qui on est", indique David. "Ça facilite le tri surtout, puisque sur Grindr tu peux parler à n’importe qui, il n’y a pas ce filtre de match comme sur Tinder. Il vaut donc mieux savoir ce qu’on recherche quand on va dessus", explique-t-il. 

Dis-moi ton émoji, je te dirai qui tu es

Grâce à David, mais également à l’article très complet du site de tendances oMister, nous avons réussi à monter un semblant de lexique – non exhaustif bien sûr. 

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⬆️ : Je suis Top/Actif

⬇️ : Je suis Bottom/Passif 

💎: Je pratique des relations tarifées 

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🍆 (parfois agrémenté de XL ou XXL) : Je suis bien gâté par la nature et je veux le faire savoir 

🔥+ 💧 : Je suis chaud

🍁 ou 4️2️0️ : Je fume du cannabis 

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💉 ou 💊 : Je consomme d’autres drogues que le cannabis 

☢️ : Je suis séropositif

🐻 : Je suis un "bear" (une catégorie qui correspond aux hommes poilus et relativement baraqués) 

🚫📸🚫💬 : Pas de photos, je te parle pas

🚫💅 : Pas de mecs "efféminés"

🐽 : J’ai des pratiques "kinky" ou "cochonnes"

👬 : Nous sommes 2/en couple : nous cherchons une 3e personne 

👊 ou ✊🏻: Je pratique le fist 

Personne ne va écrire : "J’ai un gros pénis"

Pour David, les émojis permettent de faire passer des choses que le langage verbal ne permettrait pas. "Personne ne va écrire : 'j’ai un gros pénis', les mecs vont mettre émoji aubergine et/ou XL voire XXL. Comme personne ne va écrire 'je suis escort' ou 'je pratique le chemsex' [le sexe sous stupéfiants, NDLR] mais émoji diamant/émoji seringue."

Les émojis sont aussi utilisés pour tenir des propos discriminants : le racisme sexuel, la transphobie ou la grossophobie passent aussi par les émojis utilisés. Par exemple, le "no fem", en référence aux hommes gays dits "efféminés", a son propre émoji. 

Mais trop d’émojis tue-t-il l’émoji ? C’est l’avis de David, qui a quant à lui détourné ce langage : "j’avoue un jour avoir un peu twisté le truc en mettant des flèches dans tous les sens, parce que j’en avais marre qu’on me demande : 't’es actif ou passif ?'." Néanmoins, l’engouement est tel que Grindr a lancé en 2017 son propre clavier d’émojis, baptisé "gaymojis".

Par Pauline Ferrari, publié le 20/12/2019

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