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Une tiktokeuse égyptienne arrêtée après sa condamnation pour "trafic d’êtres humains"

Publié le

par Konbini Techno

© Haneen Hossamm / TikTok

Depuis l’an dernier, une douzaine d’influenceuses ont été poursuivies et arrêtées pour atteinte aux bonnes mœurs dans le pays.

La police égyptienne a arrêté mardi une influenceuse des réseaux sociaux TikTok et Likee, deux jours après sa condamnation à 10 ans de prison par contumace pour "trafic d’êtres humains" et "débauche", selon un responsable au sein des services de sécurité.

Âgée de 20 ans, Haneen Hossam a été arrêtée au Caire "en vue d’être transférée au Parquet général", a indiqué la même source.

Dimanche, la cour pénale du Caire avait également condamné Mawada al-Adham, une autre influenceuse, et trois autres personnes à six ans de prison pour "trafic d’être humains", englobant des accusations de "corruption de la vie familiale et d’incitation à la débauche", a indiqué à l’AFP l’avocat de Mme Adham, Me Saber Sokkar.

Haneen Hossam a écopé d’une peine plus lourde car elle ne s’est pas présentée au tribunal. Maintenant qu’elle a été retrouvée, elle devra être rejugée, selon l’avocat.
Condamnées en juillet 2020 à deux ans de prison devant un tribunal économique, Haneen Hossam et Mawada al-Adham avaient été acquittées en appel d’une partie des accusations en janvier.

Soupçonnée de proxénétisme, la première avait été arrêtée en avril 2020 après avoir posté une vidéo annonçant à ses quelque 1,3 million d’abonnés que les filles pouvaient gagner de l’argent en travaillant avec elle sur les réseaux sociaux. Le mois suivant, Mawada al-Adham était à son tour arrêtée après avoir publié des vidéos parodiques.

Quelques heures avant son arrestation mardi, Haneen Hossam avait publié une vidéo poignante sur Instagram – visionnée près de 900 000 fois – où elle supplie les autorités d’abandonner les charges retenues contre elle.

"Haneen n’a pas disparu, Haneen se meurt ! […] Dix ans ?! Je n’ai rien fait d’immoral, je ne mérite pas tout ça. J’ai été emprisonnée 10 mois et je n’ai rien dit […]. Pourquoi voulez-vous m’arrêter de nouveau ?", s’écrit-elle, entre deux sanglots.

Neuf organisations locales et internationales de défense des droits humains ont dénoncé mardi dans un communiqué une "campagne médiatique et sécuritaire systématique visant la mise sous tutelle morale et sociale des utilisateurs des réseaux sociaux", condamnant le jugement contre les deux influenceuses.

Depuis l’an dernier, une douzaine d’influenceuses ont été poursuivies et arrêtées pour atteinte aux bonnes mœurs dans le pays conservateur.

Konbini techno avec AFP


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