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Une transaction d’un Bitcoin équivaudrait à jeter deux iPhone

Publié le

par Pierre Bazin

C’est pas du minage de charbon mais ça pollue quand même.

Les crypto-actifs sont partout, ils envahissent Internet, la Bourse et même les stories sponsorisées des influenceurs. Bitcoin, Ethereum ou même Dogecoin… on estime que plus d’un million d’individus auraient lancé leurs plateformes de minage de cryptomonnaies.

Toutefois cela a un coût environnemental. Ainsi une nouvelle étude parue dans la revue Resources, Conservation and Recycling estime que la transaction d’un seul Bitcoin, soit environ 36 000 euros à l’heure où nous écrivons ces lignes, représenterait une production de 272 grammes de déchets électroniques. Soit le poids de deux iPhone.

Le minage de cryptomonnaie est un processus complexe qui permet aux Bitcoin et autres d’entrer en circulation. C’est également la solution qui permet de vérifier l’authenticité de toutes les transactions. Les cryptomineurs s’appuient, entre autres, sur la technologie de la blockchain, un long processus de sécurisation très énergivore.

Le minage s’effectue surtout dans d’immenses usines de minage de crypto dont les nombreuses machines restent allumées à calculer en continu les nouvelles transactions. La consommation électrique de cette nouvelle industrie est immense et en constante croissance, on estime désormais que le minage de Bitcoin consommerait plus que l’ensemble de la population aux Philippines. 

En Chine, où sont concentrées environ 75 % des opérations de minage liées au Bitcoin, ce sont les objectifs pour le climat du pays qui pourraient être largement menacés par cette nouvelle économie à elle seule.

Au-delà de l’électricité utilisée (et des gaz à effet de serre qui en découlent), le minage de cryptomonnaies génère aussi des déchets électroniques. Ces derniers intègrent évidemment des éléments chimiques toxiques qui s’infiltrent dans les sols et l’eau lorsqu’ils sont mal recyclés. Autre comparaison : les chercheurs de l’étude estiment que les déchets électroniques produits par le Bitcoin rivalisent avec la quantité produite par les Pays-Bas.

Et cela ne risque pas de baisser au vu de la croissance explosive du secteur des crypto. L’étude estime ainsi que ces déchets électroniques pourraient plus que doubler pour atteindre 64,4 kilotonnes annuellement si le Bitcoin venait par exemple à retrouver ses valeurs extraordinaires de mai 2021.

De plus des inquiétudes sont également soulevées quant à la production en amont des matériaux nécessaires au minage. Les terres rares (les métaux nécessaires aux composants) se font justement de plus en plus rares tandis qu’aux quatre coins du monde, la pénurie des semi-conducteurs a durablement touché les constructeurs de tous horizons – consoles, PC, automobiles, etc.


Pour nous écrire : hellokonbinitechno@konbini.com

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