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Inception : quand le MIT développe un appareil pour modifier nos rêves

Publié le

par Benjamin Bruel

(c) MIT

Des arbres, des capteurs connectés, un chaman et des expériences scientifiques futuristes : la recette du bonheur par le MIT.

Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a littéralement réussi à modifier le contenu des rêves d’un groupe de personnes, donnant un résultat pour le moins étrange.

Pour réussir cet exploit, au sein du MIT Media Lab Fluid Interfaces, un groupe de chercheurs qui développe des "appareils dédiés à l’amélioration neurocognitive", s’est appuyé sur une méthode nommée "Targeted Dream Incubation" (TDI) – que l’on pourrait traduire par "incubation de rêves guidée". Dans l’étude publiée au mois d’août dans la revue Consciousness and Cognition et relayée par Live Science, les chercheurs expliquent le fonctionnement de cette technique de modification des rêves.

La modification des rêves pour les nuls

De précédentes études ont prouvé l’existence des rêves lucides – cet état rare dans lequel le dormeur a conscience qu’il rêve et où il peut lui-même influencer la forme de son rêve. Un état que vous avez probablement déjà ressenti ou cru avoir ressenti.

Le TDI des chercheurs du MIT cherche à obtenir des résultats similaires, mais en modifiant le rêve avec des signaux extérieurs qui interviennent au moment de l’état hypnagogique : ce moment intermédiaire où l’on oscille entre sommeil et éveil, durant la première phase d’endormissement.

Durant ce laps de temps précis, le dormeur est encore sensible aux signaux audio venus de l’extérieur, une porte sensorielle vers le monde extérieur dans laquelle les chercheurs du MIT se sont engouffrés.

Première étape : l’arbre et la sieste

Les chercheurs ont commencé l’expérience en demandant à 25 sujets de penser à quelque chose de précis avant une sieste en plein jour, comme un arbre, et de visualiser cette image. Grâce à un appareil inventé pour l’occasion qui s’enroule autour de la main et de l’index, le tracker Dormio, ils enregistraient, dans le même temps, un certain nombre de données physiologiques : la fréquence cardiaque, les changements électriques à la surface de la peau, le relâchement des doigts des sujets, entre autres.

Grâce aux données récoltées par le tracker Dormio, qui informaient sur le degré d’endormissement des sujets, les chercheurs ont pu déterminer quand ceux-ci entraient en état hypnagogique et pouvaient alors "s’ouvrir à l’influence de signaux audio externes", explique Haar Horowitz au magazine Live Science.

Au moment de l’entrée dans cette phase d’endormissement, le tracker déclenche alors des signaux audio préenregistrés par le dormeur, comme "Pense à un arbre". Puis dans un second temps, Dormio réveille volontairement le dormeur avec des phrases similaires ou des choses comme "Es-tu en train de t’endormir ?"

L’objectif est de "forcer la porte" de la conscience du dormeur et influencer, plus que diriger, son rêve. Une fois réveillé, le dormeur devait dire à voix haute ce qu’il avait eu en tête durant son court sommeil. Ces informations étaient ensuite analysées par les chercheurs. Un cycle qui pouvait se répéter plusieurs fois. L’idée est de voir à quel point les informations murmurées par Dormio faisaient leur chemin dans les rêveries des sujets.

Pour les sujets, une expérience étrange

Les scientifiques ont découvert que 67 % des rêves réalisés avaient un lien avec la pensée inculquée, ce mot ou cette suite de mots répétés par les sons préenregistrés de Dormio, comme l’arbre, exemple donné par les chercheurs. Quelques exemples de témoignages réalisés durant la phase d’éveil des sujets :

"Je suivais des racines avec quelqu’un et les racines m’emmenaient vers différents lieux", explique une personne. Une autre mentionne "un arbre de [s]on enfance, qui était dans [s]on jardin". Un dernier, enfin, évoque "des arbres qui se divisent en plusieurs parties" avec "un chaman installé sous l’arbre, qui [lui] disait d’aller en Amérique du Sud".

La technologie de Dormio est en conception depuis plusieurs années et ne cesse d’évoluer. Les chercheurs du MIT en sont actuellement à la troisième version de l’appareil et de leur méthode. Ils indiquent y voir un moyen d’améliorer la créativité ou l’apprentissage des personnes.

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